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Météo extrême, BAC

10e anniversaire des feux de forêt de Fort McMurray : célébrer la résilience d’une communauté et de ses habitants

1er mai 2026 | Par James Geuzebroek, responsable principal des communications, Communications, BAC
10e anniversaire des feux de forêt de Fort McMurray : célébrer la résilience d’une communauté et de ses habitants Insights Article Image

Le 3 mai 2016, un énorme feu de forêt, souvent surnommé « la Bête », a ravagé Fort McMurray, déclenchant la plus importante évacuation en raison d’un feu de forêt de l’histoire de l’Alberta. Cet événement dévastateur a également touché d’autres communautés de la municipalité régionale de Wood Buffalo.

Les dégâts étaient considérables, et le total des pertes assurées a dépassé 3,5 milliards de dollars (4,7 milliards en dollars d’aujourd’hui), ce qui en fait la catastrophe assurée la plus coûteuse de l’histoire du Canada.

Cet incendie est une véritable histoire de résilience : des voisins qui s’entraident, des premiers répondants qui réalisent des exploits dans des conditions difficiles et des Canadiens de partout au pays qui se mobilisent au moment où c’est le plus important.

Dans les jours et les mois suivant l’incendie, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) et ses membres ont eu l’honneur de prendre part à l’entièreté de la reconstruction aux côtés d’autres intervenants et des habitants de la municipalité régionale de Wood Buffalo.

Alors que nous soulignons le 10e anniversaire de l’incendie, nous rendons hommage, dans cet article, aux nombreuses personnes et aux gestes qui ont sauvé des vies, reconstruit une communauté et aidé les résidents de Wood Buffalo à aller de l’avant.

L’entraide entre résidents

Lorsque l’ordre d’évacuation a été donné, des milliers de véhicules ont afflué sur l’autoroute 63, progressant lentement vers le sud dans un flux continu tandis que les bois environnants s’embrasaient. Les personnes touchées ont décrit l’évacuation comme une scène surréaliste et troublante.

Dès les premières heures, les résidents se sont entraidés : ils ont distribué de la nourriture et de l’eau aux automobilistes bloqués, fait du covoiturage et alterné les tours de conduite, et ouvert leurs portes aux évacués qui atteignaient d’autres villes.

Dans le cadre d’une étude de l’Université de l’Alberta sur les témoignages des résidents touchés par les feux de forêt de Fort McMurray, Residents’ experiences of the 2016 Fort McMurray Wildfire, Alberta, un répondant déclare s’être « fait de merveilleux nouveaux amis et avoir bénéficié de la gentillesse d’amis comme d’inconnus tout au long de l’événement ». Des témoignages comme celui-ci sont fréquents et reflètent une communauté qui s’unit de façon instinctive dans un moment de profond bouleversement.

D’autres actes de courage discrets ont ensuite été célébrés dans les médias. Les enseignants d’une école primaire ont fait monter 70 élèves dans leurs propres véhicules et les ont conduits en lieu sûr dans une autre école, hors de la trajectoire de l’incendie. Le convoi est passé à quelques mètres seulement des murs de flammes qui ravageaient le quartier Beacon Hill. Les enseignants sont restés avec leurs élèves jusqu’à ce que chacun d’entre eux soit sain et sauf auprès de sa famille, ce qui a retardé leur propre retour à la maison et la possibilité de récupérer leurs effets personnels.

Face à la crise, les Albertains se sont serré les coudes et ont agi.

Le courage exceptionnel des premiers répondants

En juillet 2016, Marion Warnica, journaliste de CBC, a publié un remarquable article de long format intitulé Battling the Beast, capturant la détermination extraordinaire des pompiers de Fort McMurray face à l’incendie qui ravageait la ville.

Elle décrit comment l’incendie a d’abord ravagé le quartier Beacon Hill avant de se propager aux zones voisines : « Le feu a déferlé sur Abasand, s’élevant jusqu’à 90 mètres au-dessus des arbres. La demi-douzaine de pompiers qui y étaient postés ressemblaient à des soldats de plomb devant un géant. »

La situation allait évidemment empirer.

En temps normal, Fort McMurray compte 36 pompiers municipaux répartis entre quatre casernes. Les 152 pompiers locaux ont été mobilisés pour combattre la Bête lorsqu’elle a atteint la ville. Ils étaient alors affectés exclusivement aux incendies de structure qui la ravageaient. Pendant ce temps, des centaines de pompiers forestiers luttaient contre les flammes dans la forêt environnante.

Des renforts sont venus de toute la province et même d’ailleurs. Mais lors de ces premières heures, les équipes locales ont été confrontées à des conditions impossibles. Comme l’a rapporté Marion Warnica, les pompiers étaient « Piégés. Sans vision. Avec des ressources qui diminuent. »

L’air lui-même était dangereux. Le personnel du BAC a interrogé les responsables locaux sur la qualité de l’air, et on leur a répondu que, sur une échelle de 1 à 10, le danger actuel était… peut‑être à 54? Bien au-delà des niveaux habituels. On pouvait goûter les particules dans l’air et, à l’extérieur, il fallait porter un masque respiratoire complet à double cartouche.

« Aucun pompier n’a songé à abandonner », a écrit Marion. « Aucun d’entre eux ne s’est joint au cortège de voitures qui s’éloignaient de l’incendie. Ils sont restés dans l’eau et la suie et ils ont fait leur travail. »

Ils ont enduré des fumées toxiques, des ampoules, le pied des tranchées et l’épuisement. Lorsque les bornes d’incendie étaient à sec, ils ont improvisé en utilisant des extincteurs, des seaux d’eau et des vadrouilles.

Au final, leurs efforts ont permis de sauver environ 85 % de Fort McMurray.

Du soutien de partout au Canada

Le soutien d’urgence est venu de partout au pays. Des pompiers, des équipes de gestion des incidents, des bombardiers d’eau et du personnel d’urgence sont venus d’autres provinces pour soutenir les équipes locales. Les agences fédérales ont mobilisé des fournitures pour les personnes évacuées : lits de camp, couvertures, génératrices et articles de première nécessité, tandis que l’Agence spatiale canadienne a apporté son aide en surveillant la propagation de l’incendie qui continuait de faire rage.

Parallèlement à ces efforts à grande échelle, il y a eu des actes de générosité plus discrets. Partout au pays, les Canadiens ont fait du bénévolat et des dons, et ont mobilisé leur soutien par l’entremise d’organisations nationales et d’initiatives communautaires.

Un an après l’incendie, la Croix-Rouge canadienne a annoncé que plus de 323 millions de dollars ont été amassés grâce à des dons et à des subventions gouvernementales – la plus importante campagne de collecte de fonds nationale de l’histoire de l’organisation.

Cela ne devrait surprendre personne, mais il est toujours réconfortant de constater que lorsqu’une communauté est en difficulté, le Canada se mobilise.

Les assureurs étaient fiers de se tenir aux côtés des résidents de Wood Buffalo pendant la reconstruction

Après chaque catastrophe, une fois que les actions héroïques des premiers intervenants ont permis aux résidents de rentrer chez eux en toute sécurité, une nouvelle phase commence : les assureurs interviennent pour soutenir les familles et les entreprises tout au long du processus de reconstruction.

Dans les mois et les années qui ont suivi les feux de forêt, les assureurs ont pris en charge les demandes d’indemnisation pour frais de subsistance supplémentaires et pour pertes d’exploitation, tout en contribuant à la restauration et à la reconstruction des maisons, des commerces et des vies. Les assureurs canadiens ont travaillé directement avec les résidents touchés, ont versé des milliards de dollars en indemnisations et ont aidé des milliers de propriétaires de maisons et de commerces à reconstruire une ville dévastée.

Un répondant d’une étude menée à l’Université de l’Alberta citée précédemment a indiqué que son assureur figurait parmi les sources de soutien les plus importantes durant cette période difficile : « Ma famille m’a apporté son aide, la Croix-Rouge, les subventions gouvernementales, ma compagnie d’assurance et diverses entreprises ont fait preuve d’une grande générosité. Sans oublier les centres d’accueil. »

Les dirigeants locaux à la tête des efforts de rétablissement

Le personnel du BAC est arrivé à Fort McMurray alors que les incendies faisaient encore rage et a immédiatement commencé à travailler avec les autorités locales qui supervisaient l’intervention.

Rob de Pruis, directeur national, Relations avec les consommateurs et l’industrie, BAC, vit à Edmonton et se rendait fréquemment à Fort McMurray. Il a décrit la scène comme apocalyptique. Une fois, il a vu une lumière vive à travers les rideaux fermés de sa chambre d’hôtel. Il ne pouvait pas faire jour, il était 2 h du matin. Quand il a ouvert les rideaux, il a vu la colline brûler si intensément que c’était comme si le soleil brillait.

Une grande partie de la communauté avait été endommagée, et la menace était toujours active. Tout le monde était impliqué. Les employés municipaux, dont certains avaient également perdu leur logement, ont été mobilisés et ont assumé des rôles hors du commun : soutien aux opérations d’urgence, communication de crise, réconfort des résidents et orientation des personnes vers la nourriture, l’eau, les abris et les services de soutien.

La coordination était essentielle. Le centre de commandement devait fonctionner avec précision, en suivant le déploiement des équipes, en assurant la communication constante avec les pompiers et en maintenant un portrait précis de la situation dans un environnement dangereux et en constante évolution.

Dans les conditions les plus difficiles, les dirigeants locaux de Fort McMurray ont adopté un comportement admirable et efficace.

Regain du besoin de préparation suite à la catastrophe

Une tragédie peut constituer un catalyseur pour apprendre à mieux se préparer à l’avenir.

Sous la bannière « Safe. Resilient. Together. » (Sécurité. Résilience. Ensemble.), la municipalité régionale de Wood Buffalo a élaboré et mis en œuvre un plan de rétablissement après les feux de forêt de 2016, traçant la voie de la reconstruction et du renforcement de la communauté contre les risques futurs.

La municipalité a adopté le programme national Intelli-feu pour réduire les risques de feux de forêt. Elle a mis en place des subventions et des programmes pour aider les résidents à protéger leurs propriétés contre les incendies. Les mesures comprennent le maintien de zones incombustibles autour des habitations, l’utilisation de matériaux de construction résistants au feu et la gestion des broussailles.

La région est également très exposée aux inondations, pour lesquelles les mesures d’atténuation ont aussi été renforcées.

Prises ensemble, ces mesures témoignent d’une communauté qui a tiré des leçons d’une expérience dévastatrice et qui est mieux préparée aux catastrophes futures.

L’endurance a permis à Fort McMurray d’aller de l’avant

La reconstruction après une catastrophe de cette ampleur n’est jamais rapide ni simple.

Un grand nombre de demandes d’indemnisation concentrées dans une seule communauté soumet le système à une forte pression : pénurie de main-d’œuvre qualifiée, défis logistiques et difficulté inhérente à la reconstruction de quartiers entiers en même temps. La reconstruction ne prend pas des mois, elle prend des années.

Dans le cas de Fort McMurray, il y a eu plus de 60 000 réclamations.

Malgré les difficultés, au deuxième anniversaire de l’incendie, 95 % de ces réclamations étaient réglées; un exploit impressionnant de la part du secteur et des entrepreneurs. Comme pour toute catastrophe majeure, les demandes d’indemnisation restantes étaient plus complexes et ont pris plus de temps à résoudre.

Peu à peu, les maisons ont été reconstruites, les commerces ont rouvert et la vie quotidienne a repris son cours. Le rétablissement a exigé de la résilience de la part des habitants de Fort McMurray, et ils ont prouvé qu’ils en avaient à revendre.

Le rôle important des nouvelles et des médias sociaux

Fort McMurray offre un exemple convaincant de la façon dont les médias, notamment les médias sociaux, peuvent jouer un rôle crucial en temps de crise.

Au début de l’incendie, les médias traditionnels ont fourni des mises à jour essentielles à mesure que les ordres d’évacuation et la situation évoluaient rapidement, relayant les informations provenant des responsables des services d’urgence. Au cours des mois et des années qui ont suivi, le journalisme d’investigation a permis de documenter les feux de forêt et leurs conséquences, de préserver les leçons apprises et de maintenir l’attention nationale sur le rétablissement de Fort McMurray. Comme le dit l’expression, « le journalisme est le premier brouillon de l’histoire ».

Quant aux médias sociaux, une étude évaluée par des pairs de 2018 nous a permis de constater que les personnes qui suivaient l’actualité concernant les feux de forêt de Fort McMurray sur les médias sociaux exprimaient un niveau d’attention et de préoccupation plus élevé envers les personnes touchées; des sentiments qui se sont traduits par des comportements d’entraide. L’étude, menée par des chercheurs des universités MacEwan et Mount Royal, et publiée dans la revue Information, Communication & Society, considère l’événement comme une étude de cas intéressante sur le rôle positif des médias sociaux après une catastrophe.

Conseils fournis par l’UMAC

Le BAC déploie l’Unité mobile d’aide à la communauté (UMAC) sur les lieux de catastrophes pour aider les résidents à comprendre leur couverture d’assurance et soutenir la coordination avec les gouvernements locaux et les responsables des services d’urgence.

À Fort McMurray, la première équipe d’UMAC du BAC est arrivée à la mi-mai et est restée dans la communauté jusqu’à la fin novembre.

Il s’agissait du déploiement d’UMAC le plus important et le plus complexe de l’histoire du BAC. Le personnel travaillait directement depuis l’hôtel de ville, assurait une présence dans les huit centres d’information locaux, répondait aux questions, assurait la liaison avec les responsables et coordonnait des tâches majeures à grande échelle comme le retrait d’environ 12 000 réfrigérateurs et congélateurs hors d’usage et le nettoyage massif des débris sur plus de 900 propriétés.

Pour le personnel du BAC impliqué dans le projet d’UMAC, il s’agit toujours d’un honneur d’avoir participé à cet effort collectif et d’avoir contribué, de façon modeste mais significative, au renouveau de Fort McMurray.

 

 

Les flammes sont éteintes, mais les séquelles émotionnelles persistent

Le coût émotionnel des catastrophes est moins visible et moins évoqué que les pertes matérielles ou économiques. Mais il est bien réel, et Fort McMurray est un exemple frappant de la façon dont l’impact psychologique d’une catastrophe persiste.

Une étude dirigée par le Dr Vincent Agyapong, psychiatre de l’Université de l’Alberta, et publiée dans la revue International Journal of Mental Health and Addiction, démontre que six mois après les feux de forêt, près de 15 % des répondants souffraient d’un trouble dépressif majeur, bien au-delà de la moyenne de 3,3 % de l’Alberta.

Cette réalité était manifeste sur le terrain. Le personnel du BAC présent aux kiosques de l’UMAC se souvient de résidents qui, en pleine discussion sur les prochaines étapes, se sont effondrés en larmes, accablés par l’ampleur de leurs pertes et l’incertitude qui plane sur l’avenir.

Heureusement, les responsables communautaires reconnaissent de plus en plus que le rétablissement ne consiste pas seulement à reconstruire les structures, mais aussi à soutenir la santé mentale.

Les répercussions émotionnelles soulignent également les raisons pour lesquelles la préparation aux catastrophes futures doit être une priorité absolue pour les décideurs partout au Canada.

Avec le recul, les interventions et le rétablissement de Fort McMurray se sont-ils déroulés sans accroc? Bien sûr que non. Des événements de cette ampleur se déroulent rarement sans confusion ni difficultés, surtout au début.

Dix ans plus tard, ce qu’on retient, c’est le sentiment d’une mission commune qui a porté la communauté vers l’avant. Fort McMurray s’est reconstruite, et est maintenant plus forte et mieux préparée que jamais auparavant.

Mais il reste encore beaucoup à faire pour les autres communautés partout au Canada.

Compte tenu de la fréquence et de l’intensité croissantes des phénomènes météorologiques extrêmes, tous les paliers gouvernementaux au Canada doivent continuer d’investir dans le renforcement de la résilience des communautés. Cela comprend des mesures d’atténuation, des systèmes d’intervention d’urgence et des dispositifs de soutien au rétablissement à long terme. Dix ans plus tard, alors que nous revenons sur les succès et les leçons tirées de cette tragédie, nous devons continuer de mettre l’accent sur l’avenir : réduire les risques et bâtir un Canada plus sûr et plus résilient.

À propos de l'auteur

James Geuzebroek est un professionnel chevronné des communications et un auteur, fort d’une expérience en gestion de contenu, relations avec les médias et relations publiques dans les secteurs de l’assurance, des régimes de retraite et de la réglementation. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste pour Thompson’s World Insurance News. James Geuzebroek est récemment revenu au BAC, l’un de ses anciens employeurs, où il apporte son soutien en communication pour les régions de l’Ouest et du Pacifique, ainsi que pour le dossier de l’assurance entreprise. Il a écrit deux livres sous pseudonyme et travaille actuellement sur un troisième. Il est titulaire d’une maîtrise de l’Université de Toronto, d’un baccalauréat ès arts de l’Université Trent et d’un certificat d’études supérieures en journalisme du Centennial College.