
Réglementation
- Un labyrinthe réglementaire : le cadre actuel
- Les effets du fardeau réglementaire : des coûts pour les consommateurs et un frein à l’économie
- Un nouveau regard : principes directeurs d’une réglementation efficace
- Comment les décideurs peuvent agir : recommandations pour moderniser le cadre réglementaire
Une réglementation efficace protège les consommateurs tout en favorisant l’innovation et la croissance économique. Le système de réglementation canadien parvient-il à atteindre ces deux objectifs?
Pour les services financiers, les règles et la surveillance sont essentielles : elles renforcent l’intégrité des marchés et la confiance des consommateurs.
Mais lorsque le cadre réglementaire devient trop complexe ou trop prescriptif, il entrave l’innovation, limite le choix des consommateurs et freine la croissance économique.
C’est ce que l’on observe dans l’assurance de dommages au Canada. Le régime actuel est fragmenté, complexe et lourd. Il décourage l’investissement, ralentit l’innovation et nuit à la compétitivité du pays.
Cette situation ne découle ni d’un seul organisme de réglementation ni d’une décision isolée. Elle s’inscrit plutôt dans un cadre systémique plus large qui s’est progressivement complexifié.
Or, ce cadre ne suit plus le rythme des tendances internationales. Partout dans le monde, des pays modernisent et simplifient leurs cadres réglementaires afin d’en alléger le poids et de soutenir des marchés financiers plus dynamiques.
Le Canada devrait s’engager dans la même voie, en s’appuyant sur les principes suivants :
être axé sur les risques et proportionnel;
favoriser le dynamisme des marchés par la concurrence et l’innovation;
être flexible et adaptable;
être prévisible et transparent;
être efficient.
Découvrez comment fonctionne actuellement la réglementation au Canada, ses effets et les solutions qui pourraient bénéficier aux Canadiens et à l’économie.
Un labyrinthe réglementaire : le cadre actuel
Au Canada, le cadre de réglementation du secteur financier est particulièrement complexe. On compte 44 organismes de réglementation différents aux paliers fédéral et provincial. Ces autorités régissent de nombreux aspects des activités des assureurs de dommages : exigences de solvabilité, règles de conduite sur le marché, surveillance des produits, fiscalité et délivrance de permis dans les différentes administrations.
Les effets du fardeau réglementaire : des coûts pour les consommateurs et un frein à l’économie

Le cadre réglementaire canadien, fragmenté et de plus en plus complexe, freine l’innovation, l’investissement et la croissance. Les assureurs de dommages, comme l’ensemble des institutions financières, voient leur capacité à offrir certains produits se restreindre. Cette situation réduit le choix des consommateurs, ralentit l’arrivée de solutions novatrices et a historiquement contribué à des coûts plus élevés pour les Canadiens. Elle rend également le Canada moins attrayant pour l’investissement.
Le fardeau réglementaire au Canada s’alourdit :
Selon une Enquête sur les coûts de mise en conformité réglementaire du Bureau d’assurance du Canada (BAC), les coûts de conformité dans le secteur de l’assurance de dommages ont bondi de 81 % en deux ans (2022 à 2024).
Il s’agit d’une hausse qui équivaut à près de 13 fois le taux d’inflation et dépasse de six fois la progression des revenus générés par le secteur.
La même tendance s’observe dans l’ensemble du secteur financier, d’après le rapport Pruning the Rulebook: Canada’s Financial Regulatory Scorecard, Year Two du C.D. Howe Institute.
La part des coûts totaux de la main-d’œuvre consacrée à la conformité dans l’ensemble du secteur financier est passée de 16 % en 2019 à 22 % en 2024.
Le fardeau réglementaire, un frein à l’économie :
Les données de Statistique Canada montrent qu’une augmentation des exigences réglementaires imposées aux entreprises pèse sur l’économie.
Au cours de la période de 2006 à 2021, le nombre d’exigences réglementaires fédérales a augmenté de 2,1 % par an, soit une augmentation cumulée de 37 %.
Cette hausse est estimée avoir réduit le produit intérieur brut du Canada de 1,7 % et ralenti la croissance de l’emploi de 1,3 % dans le secteur des entreprises du Canada.
La compétitivité internationale du Canada en souffre Le Forum économique mondial classe le Canada au 38e rang quant au fardeau réglementaire gouvernemental et au 54e rang quant à la mobilité interne de la main-d’œuvre (le 1er rang étant le meilleur).
Le Canada prend du retard par rapport à la tendance mondiale :
Alors que les coûts réglementaires augmentent au Canada, d’autres pays ont pris le chemin inverse. L’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Australie et la Corée du Sud ont tous annoncé des réformes visant à alléger le fardeau réglementaire et à moderniser la surveillance. Leur objectif : stimuler la productivité, améliorer l’abordabilité et créer un environnement propice à l’innovation.
Il n’est pas trop tard pour que le Canada agisse. Le BAC propose des solutions :
Un nouveau regard : principes directeurs d’une réglementation efficace

Une réglementation efficace assure la protection des consommateurs tout en favorisant l’innovation, la concurrence et la croissance économique. Les cinq principes suivants constituent les fondements d’un cadre réglementaire efficace.
Être axé sur les risques et proportionnel : Les entreprises et les risques varient en taille et en complexité. L’intervention réglementaire devrait être ciblée là où les enjeux sont les plus importants.
Dynamisme du marché : Un environnement réglementaire propice favorise l’entrée de nouveaux acteurs, la croissance des entreprises et l’émergence de modèles novateurs. Cet environnement attire les capitaux et stimule la concurrence, élargit le choix et permet d’offrir des produits mieux adaptés aux besoins des consommateurs.
Être flexible et adaptable : Les marchés, les technologies et les attentes des consommateurs évoluent rapidement, tout comme les risques. Un cadre réglementaire efficace doit suivre le rythme afin de protéger les consommateurs et de préserver la stabilité du marché.
Être prévisible et transparent : Les entreprises investissent dans un environnement clair et prévisible. Un cadre clair, sans imprévus réglementaires, renforce la confiance et permet aux organisations de consacrer leurs ressources à mieux servir leurs clients.
Être efficace : Les processus réglementaires qui se chevauchent ou se répètent gaspillent des ressources, tant pour les autorités que pour les entreprises. Leur simplification favorise la prise de meilleures décisions et contribue, à long terme, à la réduction des coûts pour les consommateurs.
Comment les décideurs peuvent agir : recommandations pour moderniser le cadre réglementaire
Si les décideurs et les organismes de réglementation souhaitent alléger le fardeau administratif, mieux servir les consommateurs et soutenir l’économie canadienne, le secteur de l’assurance de dommages propose les mesures suivantes :
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