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Assurance habitation, Météo extrême

Les assureurs ont besoin de plus de temps pour évaluer l’utilisation du bois massif dans la construction.

23 avril, 2026 | Par John McKee, conseiller en politiques , BAC
Les assureurs ont besoin de plus de temps pour évaluer l’utilisation du bois massif dans la construction. Insights Article Image

L’utilisation du bois massif dans la construction s’accélère, et d’importants projets utilisant ce matériau de construction voient le jour partout au Canada. L’utilisation croissante du bois massif dans les constructions résidentielles, commerciales et institutionnelles a suscité des interrogations de la part des assureurs quant à sa résistance à long terme ainsi qu’à sa résistance à l’eau et au feu.

Qu’est-ce que le bois massif?

Le bois massif désigne un groupe de produits en bois d’ingénierie fabriqués par superposition, collage et compression de morceaux de bois pour créer des éléments structurels robustes comme de grands panneaux, des poutres et des colonnes. Ces produits peuvent remplacer les matériaux de construction conventionnels, notamment le béton et l’acier, dans de nombreux types de construction.

Plusieurs raisons expliquent la croissance de l’utilisation du bois massif. Plus précisément, les produits :

  • Sont flexibles et légers. Plus léger et plus flexible que le béton ou l’acier, le bois massif peut bien résister aux vents violents ou aux séismes.

  • Sont conçus pour résister au feu. Exposé au feu, le bois massif forme une « couche de charbon » protectrice à sa surface. Cela permet au noyau de conserver son intégrité structurelle, lui permettant ainsi de répondre aux normes de résistance au feu.

  • Présentent une empreinte carbone inférieure à celle des matériaux de construction conventionnels comme le béton et l’acier. Le bois stocke du carbone tout au long de son cycle de vie. L’utilisation du bois massif peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la construction, notamment lorsque le bois massif remplace des matériaux à forte intensité carbonique.

  • Soutiennent les bâtiments modulaires et préfabriqués. De nombreux éléments en bois massif — comme les panneaux, les colonnes et les poutres — sont fabriqués en usine et assemblés sur place. Cette approche permet de raccourcir les délais de construction et de réduire les coûts.

Utilisation du bois massif au Canada

L’utilisation du bois massif augmente dans tout le pays. Ressources naturelles Canada tient à jour un tableau de bord public recensant plus de 850 projets de construction en bois massif au pays, ainsi que près de 20 installations de fabrication.

La Colombie-Britannique arrive en tête en ce qui a trait au nombre de bâtiments en bois massif construits et à la capacité de production, suivie de l’Ontario, du Québec et de l’Alberta. La plupart de ces bâtiments sont de faible et moyenne hauteur, bien que les projets de plus grande hauteur deviennent de plus en plus courants.

Les normes de construction évoluent pour soutenir cette croissance. En 2020, le Code national du bâtiment du Canada a approuvé la construction en bois massif encapsulé pour des bâtiments comptant jusqu’à 12 étages. Plus récemment, la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec ont adopté des modifications législatives autorisant les projets de construction en bois massif encapsulé pouvant atteindre 18 étages.

Comprendre le défi pour les assureurs

Comparativement aux bâtiments conventionnels en acier et en béton, on dispose de peu de données sur la performance à long terme des bâtiments en bois massif. Des renseignements supplémentaires sont nécessaires concernant :

•    La façon dont ces structures se comportent sur plusieurs décennies;

•    Les effets possibles des incidents liés à l’humidité ou à l’eau;

•    Les coûts types de réparation et de remplacement à la suite d’un incendie ou d’autres dommages.

Les données de performance étant encore limitées, certains assureurs pourraient adopter une approche prudente à l’égard du bois massif jusqu’à l’obtention de données à plus long terme. La capacité de réassurance pour les constructions en bois massif, notamment pour les projets de moyenne et grande hauteur, a également été limitée. Les conditions et la disponibilité de la couverture principale s’en trouvent directement touchées. Les courtiers d’assurance, dont AON, ont constaté que l’historique limité de sinistres à long terme rend plus difficile pour les assureurs d’évaluer les risques avec la même certitude que pour les matériaux mieux établis.

Cependant, à mesure que davantage de projets de construction en bois massif seront achevés, occupés et observés au fil du temps, le secteur des assurances aura une meilleure compréhension de leur performance à long terme. Cet ensemble de données en constante augmentation contribuera à étayer des évaluations éclairées dans l’ensemble du secteur des assurances et à renforcer la confiance dans la performance de ces bâtiments tout au long de leur cycle de vie.

À propos de l'auteur

John McKee est conseiller en politiques au Bureau d’assurance du Canada, où il se concentre sur l’élaboration et l’analyse des politiques liées aux risques de catastrophe et émergents. Il a auparavant travaillé comme analyste des politiques à l’Autorité ontarienne de réglementation des services financiers, où il appuyait les initiatives de recherche et de politique réglementaire. Il est titulaire d’un baccalauréat ès arts avec spécialisation en sciences politiques et en histoire de l’Université Wilfrid-Laurier et d’une maîtrise en administration publique de l’Université Queen’s.

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