
Le Bureau d’assurance du Canada exhorte les gouvernements à prendre des mesures de résilience immédiates
Un nouveau rapport, publié hier par Statistique Canada, met en lumière une réalité croissante pour les Canadiens : les conditions météorologiques extrêmes transforment du tout au tout le marché de l’assurance habitation du pays, entraînant une hausse des coûts des sinistres, ce qui contribue à l’augmentation des primes et expose un trop grand nombre de ménages au risque de dommages catastrophiques.
L’étude, Les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sur les consommateurs et les assureurs au Canada, décembre 2019 à décembre 2025 : une analyse actualisée, révèle que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents, graves et coûteux, en plus d’exercer une pression constante sur les assureurs et les propriétaires canadiens.
Parmi les points saillants du rapport :
Le coût des sinistres a explosé. Depuis 2009, les assureurs ont versé en moyenne près de 2 milliards de dollars par an en indemnisations liées à des catastrophes climatiques, une augmentation considérable par rapport aux quelque 400 millions de dollars par an entre 1983 et 2008.
Ces dernières années, les pertes assurées annuelles ont atteint des niveaux sans précédent, notamment 3,4 milliards de dollars en 2022 et un montant stupéfiant de 9,4 milliards en 2024.
Les primes d’assurance ont augmenté plus rapidement que l’inflation, reflétant le coût croissant de la reconstruction des habitations et la fréquence accrue des catastrophes.
« Les catastrophes naturelles redessinent le paysage de l’assurance habitation pour les Canadiens d’un océan à l’autre », affirme Liam McGuinty, vice-président aux Affaires fédérales, Bureau d’assurance du Canada (BAC). « L’augmentation de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes fait grimper le coût des sinistres et exerce une pression sur les primes d’assurance habitation partout au pays. »
Le rapport souligne que les catastrophes naturelles ne sont plus des événements rares; quatre des cinq dernières années figurent désormais parmi les dix plus coûteuses jamais enregistrées.
Le BAC prévoit que sans mesures de réduction des risques plus strictes, les Canadiens continueront de faire face à une hausse des coûts d’assurance et à une exposition croissante aux pertes.
À la lumière des conclusions du rapport, le BAC réitère son appel aux gouvernements afin qu’ils prennent des mesures immédiates pour réduire l’exposition des Canadiens aux phénomènes météorologiques extrêmes, notamment :
Inciter les propriétaires à investir dans des mesures pratiques et abordables permettant de réduire les dommages causés par les intempéries et les coûts de réparation.
Construire de nouveaux logements loin des zones à haut risque d’inondations et de feux de forêt en renforçant la planification de l’utilisation des sols et en limitant le développement dans les zones les plus à risque.
Lorsqu’il est inévitable de construire dans des zones à haut risque, il faut mettre en place des mesures d’atténuation communautaires abordables comme des infrastructures de protection contre les inondations et les mesures recommandées par le programme Intelli-feu, afin de réduire les risques de dommages causés par les feux de forêt.
Investir dans des infrastructures résilientes pour protéger les communautés contre les risques comme les inondations.
Renforcer les codes du bâtiment et les normes de construction pour que les nouvelles habitations soient plus résilientes, en fonction des réalités climatiques d’aujourd’hui et de demain.
Sensibiliser les consommateurs en leur offrant une information claire et facile à comprendre afin d’aider les propriétaires, les locataires et les entreprises à prendre des décisions éclairées et à réduire concrètement leurs risques.
« Pour réduire les pressions sur les coûts du marché de l’assurance habitation, il faut s’attaquer à la cause fondamentale; l’augmentation des risques », affirme Liam McGuinty. « Nous devrons nous adapter davantage : investir dans la résilience, construire de manière plus sûre et dans des endroits plus adaptés, et agir dès maintenant pour freiner les dégâts croissants causés par les phénomènes météorologiques extrêmes. »

