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Industrie de l’assurance

Assureurs du Canada : protéger les Canadiens en cette ère de changement et de défi

7 décembre 2023 | Par Celyeste Power, présidente et chef de la direction, BAC.
Canada’s insurers: Protecting Canadians in times of change and challenge

Tous les assureurs du Canada s’engagent à protéger les Canadiens et à les soutenir dans les moments difficiles et les crises.

Dans le cadre de cet engagement, ils doivent être attentifs et sensibles aux changements et à l’évolution des risques. 

L’année écoulée a mis en relief un certain nombre de forces qui touchent et remodèlent le secteur de l’assurance au Canada. Le changement climatique et les phénomènes météorologiques dangereux, dont la fréquence et la gravité ne cessent de s’accroître, viennent au premier rang de ces forces.

Le changement climatique s’accompagne de nouveaux risques

En 2023, plus de 5 000 feux de forêt ont éclaté au pays. Des millions d’hectares de forêt ont été perdus : un été record dans tous les sens du terme. Les inondations et les vagues de chaleur sont devenues des risques saisonniers. Les incendies et les inondations étant de plus en plus nombreux et de plus en plus graves, les vies humaines sont de plus en plus menacées et les coûts liés à la remise en état des lieux s’accroissent sans cesse.

Chaque nouvelle épreuve apporte ses moments de déchirement : pertes de vie et de biens, familles déracinées et collectivités transformées à jamais. Voilà notre nouvelle normalité. Les gouvernements, le secteur de l’assurance et les Canadiens ont la responsabilité de s’adapter.

Il y a plus d’une décennie, nous, les assureurs du Canada, avons choisi de prendre les devants. Nous avons conçu de nouveaux contrats d’assurance inondation visant à protéger les familles canadiennes. Et nous avons entrepris d’intercéder auprès des gouvernements pour qu’ils modifient leurs politiques de façon à répondre à cette nouvelle ère de risques. 

Au début de 2023, en réponse à nos interventions, le gouvernement fédéral a annoncé la création d’un programme national d’assurance inondation. Ce nouveau programme soutenu par le gouvernement permettra à tous les propriétaires, sans égard à leur lieu de résidence et à leur exposition au risque, d’avoir accès à une assurance inondation abordable. Au nom du secteur tout entier, nous nous efforçons d’aider le gouvernement à mettre le programme en place et à le faire fonctionner le plus rapidement possible.

Bill Blair, ministre de la Protection civile au moment de l’annonce du programme, n’a pas manqué de souligner l’apport du secteur de l’assurance. Il a déclaré que le gouvernement considère les assureurs comme des partenaires en matière de protection. C’est également ainsi que nous nous voyons.

Voilà pourquoi, dans le même esprit, les assureurs canadiens collaborent également avec les pouvoirs publics pour trouver des solutions en matière d’assurance contre les tremblements de terre.

La menace d’un important tremblement de terre est omniprésente dans certaines régions du pays. Pourtant, peu de propriétaires-occupants de l’est du Canada sont adéquatement assurés contre ce risque. Dans l’ouest, on ne peut s’attendre à ce que l’assurance à elle seule prenne en charge les coûts d’un important événement sismique. En travaillant ensemble, le gouvernement et le secteur de l’assurance peuvent concevoir une solution qui protège financièrement les Canadiens et le Trésor fédéral, et qui offre une assurance abordable aux personnes les plus exposées.

L’intervention du gouvernement et le coût pour les consommateurs

Une autre force qui influe sur la vie des Canadiens, et remodèle notre secteur, est la tendance des pouvoirs publics à accroître leurs interventions et à resserrer la réglementation.

En Alberta, par exemple, le gouvernement provincial a plafonné les tarifs d’assurance automobile. Bien que cette intervention puisse sembler bénéfique pour les conducteurs, elle ne fait qu’exacerber les problèmes existants au sein du système et risque de diminuer la concurrence sur le marché. Déjà, un assureur a quitté le marché albertain, laissant 16 000 conducteurs à la recherche d’un nouveau fournisseur.

Autrement dit, le plafonnement des tarifs d’assurance automobile n’aide pas les conducteurs à long terme. Nous l’avons vu clairement en Californie, où les conducteurs ont dû faire face aux retombées préjudiciables d’une intervention gouvernementale qui était au départ bien intentionnée. Pour bon nombre d’entre eux, il est de plus en plus difficile de se procurer une assurance.

Il est important de comprendre les facteurs qui influent sur le coût de l’assurance. Dans notre pays, les pressions sur les coûts ne cessent de s’exercer à la faveur d’une épidémie de vols de voitures et de l’augmentation des frais de justice et de réparation. L’an dernier, les assureurs canadiens ont payé pour la première fois de leur histoire plus d’un milliard de dollars en sinistres liés aux véhicules volés. C’est le triple du montant qu’ils avaient payé en 2018. Et, en Alberta, les frais de justice ont augmenté à eux seuls de plus de 30 pour cent au cours des cinq dernières années. Le gouvernement plafonne les hausses de tarif dans une conjoncture d’accroissement immodéré des coûts. Cette situation n’est tout simplement pas viable.

Nous sommes conscients que la période actuelle est stressante pour de nombreux Canadiens, car l’inflation et les coûts demeurent élevés. Cependant, la voie vers une accessibilité accrue de l’assurance automobile passe par une véritable réforme, en permettant aux consommateurs de bénéficier d’un plus grand choix et aux assureurs de se livrer concurrence en matière de prix. À cette fin, les assureurs canadiens ont mis de l’avant un projet de réforme qui permettrait de réduire jusqu’à 325 $ par année les primes d’assurance automobile en Alberta. Ce projet offrirait aux conducteurs davantage de choix en matière de garanties, y compris la possibilité de renoncer à un règlement en espèces pour douleurs et souffrance à la suite d’une blessure mineure, tout en doublant le montant des traitements et des soins préapprouvés aux personnes qui subissent des blessures dans un accident.

Ce projet est fondé sur un modèle réel et efficace. Les conducteurs du New Jersey bénéficient de tarifs stables depuis qu’une réforme similaire y a été instaurée il y a plus de 20 ans. 

Il convient également de souligner que les assureurs du Canada exercent aujourd’hui leurs activités dans une conjoncture de réglementation accrue. Ce facteur est important parce qu’une réglementation excessive peut entraîner une croissance des coûts et réfréner l’ingéniosité. Les Canadiens ont tout à gagner à ce que chacun des assureurs privés du pays s’attelle activement à conquérir de nouveaux marchés et s’efforce de concevoir les meilleurs produits et services qui soient. Lorsqu’on permet aux sociétés de se livrer concurrence, c’est le consommateur qui y gagne.  

Les assureurs du Canada estiment que la réglementation devrait avoir pour but de protéger les personnes contre le risque, et non pas contre le progrès ou la concurrence. Toutes les sociétés soumises à la réglementation ont besoin d’une conjoncture réglementaire stable, prévisible et raisonnable pour pouvoir prospérer, innover et mieux servir leurs clients.

En clair, il est contre-productif d’essayer de faire croître une économie et de créer des emplois en alourdissant le fardeau de ceux qui contribuent à faire tourner l’économie et le marché de l’emploi. 

La technologie et les changements à venir

Une autre force active commence à influer sur le secteur de l’assurance et sur ceux qui en dépendent. Les progrès technologiques, des voitures de plus en plus autonomes à l’avènement de l’intelligence artificielle (IA), vont transformer notre façon de conduire et, potentiellement, notre façon de vivre.

Ces deux avancées seront porteuses d’occasions et de défis. Bien que la mise au point d’une voiture véritablement autonome pour un usage familial demeure un projet à long terme, les améliorations apportées aux systèmes semi-autonomes pourraient contribuer à réduire le nombre d’accidents et les coûts du système. Parallèlement, il faudra résoudre certaines questions en matière d’obligations et de responsabilité.

En ce qui concerne l’IA, il est possible d’améliorer l’efficacité du secteur de l’assurance sur les plans de l’exécution des tâches courantes et de la tarification des produits.  N’empêche, l’incidence de l’IA sur la vie privée et l’utilisation des données suscitent également de réelles inquiétudes. Certaines voix extrêmes veulent interdire l’IA. Une approche plus raisonnable consisterait à donner la priorité à l’utilisation responsable de ce nouvel outil.

L’année à venir, et les années suivantes seront marquées par de nouveaux progrès sur le plan technologique. Les assureurs du Canada s’adapteront à l’évolution de la conjoncture et aux besoins changeants de leurs clients.

Un legs de protection

Les assureurs du Canada jouent un rôle essentiel dans la protection des personnes et des biens, en étant présents pour les Canadiens et en les aidant à se remettre sur pied.Je le sais d’expérience.

Lorsque j’étais une jeune fille, un incendie s’est déclaré dans notre petite maison de St.

John’s, juste avant le Nouvel An. Ma mère et mon père se trouvaient à la maison à ce moment et ont pu en sortir indemnes. En revanche, notre cuisine a complètement brûlé et le reste de la maison a subi d’importants dégâts causés par la fumée.

Je me souviens à quel point mes parents étaient inquiets. Nous n’avions que peu ou pas d’économies à l’époque. Qu’allait-il advenir de nous? La compagnie d’assurance nous a trouvé un hôtel où nous loger. Elle a organisé et payé les travaux de réparation. Elle a même veillé à ce que mon frère et moi recevions nos quelques cadeaux de Noël.

Elle était présente pour nous dans notre pire moment.

Les temps peuvent changer. La technologie peut évoluer. Toutefois, les assureurs du Canada continueront d’accompagner les habitants dans les moments difficiles, et dans les actions qu’ils mettent en œuvre pour protéger les Canadiens contre les menaces d’aujourd’hui et de demain.

À propos de l'auteur

À titre de présidente et cheffe de la direction du BAC, Mme Power collabore avec les gouvernements canadiens et les principales parties prenantes au pays pour bâtir une industrie de l’assurance de dommages forte et stable ainsi que pour renforcer la résilience du pays.

Auparavant, Mme Power a exercé la fonction de vice-présidente directrice, Initiatives stratégiques et Lobbying, où elle a fait progresser les priorités nationales en matière de lobbyisme pour l’industrie canadienne de l’assurance de dommages. Par ailleurs, elle a occupé des postes aux responsabilités croissantes au BAC, notamment ceux de porte-parole nationale, de directrice générale, Stratégie et Engagement des membres, de vice-présidente, région de l’Ouest et de cheffe de la stratégie. Avant d’entrer au service du BAC, Mme Power a occupé de nombreux postes de direction au gouvernement du Canada, dont celui de gestionnaire des enjeux auprès du premier ministre.

Mme Power est également présidente de The Insurance Supper Club Canada, une organisation qui appuie la promotion des femmes aux postes de direction de l’industrie de l’assurance. À l’occasion de la cérémonie Insurance Business Canada Awards de 2022, elle a reçu le prix The Steamatic Canada Award for Woman of Distinction. Mme Power est titulaire d’un baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa et d’une maîtrise et d’un certificat en administration des affaires de l’Université de Toronto.