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Climat

Les « rivières atmosphériques » en Colombie-Britannique nous rappellent que nous devons faire plus pour protéger la population du Canada contre les inondations

13 décembre 2023 | Par Greg Moy, gestionnaire, Relations gouvernementales, Régions de l’Ouest et du Pacifique, BAC
Les « rivières atmosphériques » en Colombie-Britannique nous rappellent que nous devons faire plus pour protéger la population du Canada contre les inondations Insights Article Image

En novembre 2021, une grave crue causée par une « rivière atmosphérique » a frappé la Colombie-Britannique, causant des dommages sans précédent aux biens personnels et à des infrastructures essentielles. Il s’agissait de la pire inondation de l’histoire de la province causant des dommages assurés de 696 millions de dollars*. L’autoroute 1 à Abbotsford a été complètement submergée, tandis que des ponts sur l’autoroute Coquihalla, que de nombreuses personnes, moi y compris, empruntent pour se rendre à l’intérieur de la Colombie-Britannique, ont été complètement emportés.

Au cours de la première fin de semaine de décembre 2023, la Colombie-Britannique a été confrontée à une autre inondation causée par une rivière atmosphérique. Bien qu’elle ait été moins intense qu’en 2021, ce fut un dur rappel que les changements climatiques font en sorte que nous assisterons à des inondations plus fréquentes et plus graves. Ce problème est particulièrement grave pour les gouvernements qui s’efforcent de trouver un équilibre entre leurs décisions en matière de dépenses et la nécessité de financer le programme des Accords d’aide financière en cas de catastrophe (AAFCC). Ces programmes de secours en cas de catastrophe ne fournissent pas le même degré de protection financière que l’assurance, mais ils constituent la dernière ligne de soutien pour les personnes qui ne sont pas assurées ou qui sont sous-assurées.

Comment protéger les personnes qui vivent dans des zones à risque élevé d’inondation où l’assurance n’est pas accessible? Une étape cruciale pour y arriver consiste à demander à tous (les gouvernements provinciaux et les administrations municipales, les organismes de gestion des urgences et le public) d’exhorter le gouvernement fédéral à aller de l’avant avec le programme national d’assurance contre les inondations qu’il s’est engagé à mettre sur pied dans le budget 2023. S’il est adopté, ce programme offrirait aux personnes vivant dans des zones à risque élevé une protection financière et la tranquillité d’esprit en cas de catastrophe. L’industrie canadienne de l’assurance de dommages a fortement préconisé ce programme d’assurance public-privé qui n’a jamais été aussi près de devenir une réalité qu’aujourd’hui.

Le gouvernement fédéral s’est engagé à verser 32 millions de dollars sur trois ans pour mettre le programme sur pied. Cependant, le soutien politique et financier de la part de toutes les provinces et de tous les territoires est nécessaire pour s’assurer que le programme offre une couverture d’assurance contre les inondations aux personnes les plus à risque dès 2024.

Ici, en Colombie-Britannique, le gouvernement est sur la bonne voie en mettant en œuvre sa nouvelle stratégie de préparation et d’adaptation aux changements climatiques et en élaborant la stratégie relative aux inondations de la Colombie-Britannique, qui examinera la gestion des risques d’inondation de façon globale. Ce travail louable comprend une série de mesures nécessaires pour réduire le risque d’inondation, notamment par l’amélioration de l’aménagement du territoire, le renforcement des infrastructures de protection contre les inondations et une meilleure utilisation de notre environnement naturel pour aider à protéger les collectivités.

Ce qui manque, cependant, c’est une solution de rechange au programme des AAFCC actuel pour offrir une protection financière. Comme les catastrophes météorologiques sont de plus en plus fréquentes en Colombie-Britannique, les victimes d’inondations, en particulier celles qui vivent là où l’assurance abordable n’est pas offerte, se retrouvent souvent dans une situation financière difficile après un pareil sinistre. Le programme des AAFCC ne couvre que les coûts de rétablissement de base, et dans de nombreux cas, le paiement est effectué longtemps après la catastrophe. Le programme national d’assurance contre les inondations pourrait aider en offrant une résilience financière aux 10 % de la population du Canada qui ne peuvent pas accéder aux produits d’assurance contre les inondations du secteur privé. En ce qui concerne les coûts supplémentaires, un programme national d’assurance contre les inondations pourrait également aider à compenser le coût du programme des AAFCC pour les gouvernements fédéral et provinciaux.

Le temps presse. Le produit d’assurance contre les inondations est prêt, et l’industrie de l’assurance au Canada est prête à travailler en partenariat avec le gouvernement pour le mettre en œuvre là où il est le plus nécessaire. Nous avons simplement besoin que nos gouvernements fédéral et provinciaux se réunissent et approuvent tous le programme. De cette façon, lorsque la prochaine inondation dévastera une communauté, les résidents pourront avoir l’esprit tranquille en sachant qu’un programme d’assurance sera en place pour les aider à se rétablir.

*Sources : IBC Facts Book, PCS, CatIQ, Swiss Re, Munich Re and Deloitte. Valeurs en dollars canadiens de 2022, sinistres et frais de règlement des sinistres.

À propos de l'auteur

En tant que gestionnaire des relations gouvernementales pour la région du Pacifique au BAC, Greg Moy fournit des conseils stratégiques sur les relations gouvernementales de l’industrie de l’assurance de dommages en Colombie-Britannique. Fort d’une vaste expérience en affaires publiques et en politique publique, il favorise des changements positifs et mène des actions stratégiques sur les priorités clés affectant les compagnies d’assurance habitation, entreprise et automobile privées du Canada.

Avant de rejoindre le BAC en 2018, Greg Moy a occupé des postes de direction au sein du gouvernement de la Colombie-Britannique, notamment au ministère des Finances et au ministère des Transports et des Infrastructures. À ce titre, il a participé à des consultations publiques suite à des événements météorologiques extrêmes et a acquis une précieuse expertise sur les dossiers de politique en matière d’assurance automobile.

Greg Moy est titulaire d’un baccalauréat ès arts de l’Université de la Colombie-Britannique. Il est trésorier et président du comité d’adhésion de la Public Affairs Association of Canada, section Colombie-Britannique. Il participe aussi à la campagne annuelle de Centraide et a supervisé l’événement médiatique provincial du Great BC ShakeOut, qui a rassemblé plus d’un million de personnes en 2019 et mis l’accent sur la sécurité sismique et la préparation aux tremblements de terre.