
Un rapport brosse un portrait inquiétant des coûts pour les consommateurs si la pénurie de main-d’œuvre persiste
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée au Canada crée d’importants défis pour les industries et les entreprises, et le secteur de l’assurance de dommages n’y échappe pas. Malgré une demande élevée de travailleurs qualifiés, le bassin rétrécit rapidement. Résultat : les coûts grimpent et les délais s’allongent.
Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) tire la sonnette d’alarme depuis des années au sujet de cette pénurie de main-d’œuvre, puisqu’elle compromet considérablement la capacité des assureurs de dommages à aider les Canadiens à rebâtir leur maison ou leur entreprise rapidement après une catastrophe naturelle.
La situation se complique davantage avec les départs imminents à la retraite de nombreux travailleurs qualifiés. Selon BuildForce Canada, qui fournit de l’information sur le marché du travail, plus de travailleurs quitteront le secteur de la construction qu’il n’en entrera au cours des 15 prochaines années.
Pour remédier à cette pénurie de main-d’œuvre, tous les gouvernements du pays doivent accorder une attention prioritaire aux investissements dans la formation des métiers qualifiés et aux politiques d’immigration favorisant l’arrivée de travailleurs qualifiés, domaines dont ils assument largement la responsabilité.
Le gouvernement canadien a récemment annoncé l’élargissement du programme d’immigration Entrée express afin d’accélérer le traitement des demandes de citoyenneté et de combler des pénuries critiques de main-d’œuvre dans les secteurs de la recherche, du transport, des forces armées, des soins de santé et des services sociaux. Il espère également attirer des travailleurs pratiquant des métiers qualifiés, notamment des charpentiers, plombiers et machinistes.
Le Conference Board du Canada (maintenant Signal49 Research) souligne que les pénuries dans le secteur de la construction résidentielle contribuent à la hausse des coûts de logement et des réclamations d’assurance dans un récent rapport intitulé « La construction sous pression : Pénurie de main-d’œuvre qualifiée et augmentation des coûts de construction ». On y indique que si les gouvernements ne prennent pas de mesures urgentes, les pénuries de main-d’œuvre s’aggraveront, alimenteront l’inflation et coûteront à la population canadienne près de huit milliards de dollars supplémentaires chaque année d’ici 2045.
Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :
Les offres d’emploi dans les métiers qualifiés du secteur de la construction résidentielle ont augmenté en moyenne de 11 % par an, et cette croissance devrait atteindre 13 % par an entre 2026 et 2045.
D’ici 2045, la pénurie de travailleurs qualifiés pourrait atteindre 32 000 personnes, ce qui entraînerait probablement une hausse de 2,3 % des prix dans le secteur et ajouterait 7,9 milliards de dollars aux coûts annuels des rénovations et réparations résidentielles.
La fréquence croissante et la gravité des catastrophes naturelles, associées à la demande accrue de logements, exercent une pression supplémentaire sur l’offre de main-d’œuvre.
Les pénuries de main-d’œuvre qualifiée contribuent à la hausse des coûts des réclamations d’assurance. En effet, elles augmentent les coûts de la main-d’œuvre dans le secteur de la construction et allongent les délais de reconstruction et de rénovation. Ces facteurs influent directement sur le calcul des primes des assureurs.
Bien que le BAC soutienne les efforts gouvernementaux visant à construire les nouveaux logements dont les Canadiens ont besoin, l’absence d’un plan pour protéger les communautés contre les répercussions des feux de forêt, des inondations et d’autres catastrophes naturelles aggraverait davantage les pénuries de main-d’œuvre qualifiée. Les investissements dans des programmes visant à pallier la pénurie de main-d’œuvre doivent s’accompagner de décisions politiques qui protègent les communautés les plus vulnérables aux phénomènes météorologiques extrêmes, qui garantissent la pérennité du marché de l’assurance habitation et qui réduisent les conséquences financières et émotionnelles des catastrophes naturelles.
Les mesures visant à accroître la main-d’œuvre qualifiée de demain, comme la récente annonce du gouvernement fédéral concernant l’élargissement du programme Entrée express, constituent un pas important. Le Canada doit toutefois aller plus loin pour devenir le pays le mieux préparé au monde pour faire face aux catastrophes naturelles.

