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Assurance habitation, Climat

En Californie, plus d’une maison sur dix n’est pas assurée. Une crise semblable pourrait-elle survenir au Canada?

25 avril 2025 | Par Christina Friend-Johnston, conseillère principale en communication et Margot Whittington, conseillère principale en politiques, BAC
More than 1 in 10 California homes are uninsured. Could a similar crisis happen in Canada?

Les incendies qui ont ravagé la région de Los Angeles en janvier 2025 aggraveront probablement la crise de l’assurance en Californie qui touche actuellement des millions de résidents.

Ces incendies ont tragiquement causé des pertes humaines, bouleversé la vie d’innombrables personnes et détruit des maisons et des commerces. Les ravages causés par les incendies sont déjà suffisamment graves en eux-mêmes, mais puisqu’une grande partie des Californiens n’étaient pas assurés, cette catastrophe s’est transformée en crise financière.

Entre 1987 et 2023, les feux de forêt ont brûlé une superficie de la Californie équivalente à celle de la Grèce. L’ampleur des pertes a rendu difficile l’activité des assureurs dans cet État, en partie à cause de réglementations qui empêchent les compagnies d’évaluer les risques avec précision. Ces lois, qui avaient pour but de protéger les consommateurs contre les hausses de taux, ont compromis la viabilité financière des assureurs. Entre 2020 et 2023, environ 3,6 millions de polices d’assurance habitation n’ont pas été renouvelées en Californie. Aujourd’hui, plus de 807 000 habitations en Californie (soit une sur dix) ne sont pas assurées.

Les efforts récemment déployés par l’État pour revenir sur les réglementations qui ont contribué à la crise de l’assurance sont arrivés trop tard pour les millions de Californiens qui ont du mal à obtenir une couverture.

Les Canadiens pourraient-ils être confrontés à une crise semblable?

Commençons par la bonne nouvelle. Contrairement à la Californie, le Canada n’impose pas le type de restrictions réglementaires sur les prix qui ont entraîné une décennie de pertes financières pour les assureurs habitation de la Californie et favorisé des conditions qui ont mené à une crise de l’assurance. En fait, des 172 assureurs qui se font concurrence au Canada, 101 offrent des assurances habitation. La nature concurrentielle de l’industrie de l’assurance au Canada contribue à garantir que les consommateurs ont accès à la couverture qui répond à leurs besoins.

Cependant, tout comme la Californie, le Canada est confronté à un risque croissant de feux de forêt. Au Canada, la moyenne annuelle des sinistres catastrophiques assurés (c’est-à-dire 30 millions de dollars ou plus) dus aux feux de forêt a considérablement augmenté, passant de 84 millions de dollars entre 2003 et 2014 à 706 millions de dollars au cours de la dernière décennie. L’Alberta a été particulièrement touchée, avec plus d’un milliard de dollars de sinistres assurés attribuables aux feux de forêt en 2024, en grande partie à cause d’un feu qui a détruit plus d’un tiers des maisons et des commerces de la ville de Jasper. Cet incendie est le deuxième plus coûteux de l’histoire du Canada, avec des sinistres assurés estimés à (insert latest number). Le feu de forêt de 2016 à Fort McMurray reste le plus coûteux de l’histoire du Canada, car plus de 2 400 maisons et bâtiments ont été détruits et les dommages assurés ont dépassé les 6 milliards de dollars.

Comme en Californie, les gouvernements canadiens n’ont pas suffisamment fait pour protéger les communautés contre les conditions météorologiques extrêmes. Les codes du bâtiment actuels ne garantissent pas vraiment que les maisons soient construites pour résister à des conditions météorologiques de plus en plus graves, et les règlements de zonage continuent d’autoriser la construction de milliers de maisons dans des zones à haut risque. Comme l’a souligné un récent rapport de L’Institut climatique du Canada, au cours des cinq prochaines années, des centaines de milliers de maisons pourraient être construites dans des zones fortement exposées aux risques climatiques, en particulier aux inondations et aux feux de forêt.

Par ailleurs, les investissements collectifs des gouvernements canadiens dans des mesures visant à renforcer la résilience du pays sont terriblement insuffisants et disproportionnés par rapport aux effets croissants des conditions météorologiques extrêmes. Par exemple, ces dix dernières années, le gouvernement fédéral du Canada a investi 41,8 milliards de dollars dans des mesures de réduction des émissions de gaz, qui permettront de réduire les risques pour le Canada dans 20 à 30 ans. Seuls 4,1 milliards de dollars, soit un dixième du total investi dans l’atténuation des changements climatiques, ont été consacrés à des mesures visant à réduire les risques auxquels les Canadiens sont déjà confrontés maintenant. À moins que les gouvernements canadiens ne comblent les lacunes de leurs politiques publiques, les assurés continueront à subir les conséquences des mesures d’adaptation inadéquates, principalement sous la forme d’une pression sur les primes. Heureusement, l’assurance habitation de base reste largement accessible partout au Canada, en partie grâce à la nature hautement concurrentielle du marché canadien de l’assurance habitation et à l’absence de restrictions arbitraires en matière de tarification, qui ont nui au marché de la Californie et à d’autres marchés américains de l’assurance.

Prenez des mesures maintenant pour protéger votre maison contre les feux de forêt

Mise à part l’assurance, les propriétaires peuvent prendre de nombreuses mesures pour se protéger et protéger leur propriété contre les dommages causés par les feux de forêt.

  • Coupez et arrosez régulièrement l’herbe qui se trouve à moins de dix mètres de la maison et des autres structures sur la propriété.

  • N’utilisez que des toitures ignifuges de classe A, B ou C et utilisez des revêtements extérieurs résistants au feu.

  • Recouvrez de matériaux ignifuges la face inférieure en bois des balcons, terrasses et vides sanitaires.

  • Rangez le bois de chauffage et les réservoirs de propane à au moins cent mètres de la maison et des autres structures de la propriété.

  • Fermez tous les avant-toits et masquez tous les évents, y compris les soffites.

  • Élaguez les arbres (maintenez une distance de trois à six mètres entre les cimes) sur une distance d’au moins 30 mètres de la maison.

  • Installez des écrans pare-étincelles sur la cheminée.

La section Restez protégé de notre site Web offre de nombreux autres conseils pour vous protéger, et protéger votre famille et vos biens des dangers comme une inondation, la grêle et les tempêtes de vent.

Si vous avez des questions au sujet de l’assurance habitation, automobile ou entreprise, n’hésitez pas à communiquer avec notre Centre d’information aux consommateurs ou à consulter nos différentes pages d’information dans la section Les bases de l’assurance de notre site Web.

À propos de l'auteur

Christina Friend-Johnston est conseillère principale en communications au BAC, où elle se concentre sur les dossiers relatifs à la région de l’Atlantique, aux affaires fédérales et à la cybersécurité. Forte de plus de 20 ans d’expérience en communications stratégiques, elle a travaillé au sein d’organisations gouvernementales, à but non lucratif et dans les services financiers. Christina Friend-Johnston est titulaire d’un baccalauréat ès arts de l’Université de Windsor, d’un certificat d’études supérieures en relations publiques de l’Université métropolitaine de Toronto et d’une maîtrise en gestion des communications de l’Université McMaster.


Margot Whittington est conseillère principale en politiques au BAC. Forte de dix années d’expérience dans les secteurs public et privé, Margot a travaillé comme assistante politique au bureau du premier ministre de l’Ontario, en plus d’avoir occupé divers postes auprès des ministres fédéraux et provinciaux de l’Environnement. Elle a également exercé comme analyste en politiques à The Atmospheric Fund et a effectué un stage au Bureau de l’efficacité énergétique de Ressources naturelles Canada.

Depuis 2022, Margot Whittington fait partie de l’équipe responsable des changements climatiques et des risques en cas de catastrophes, Politiques du BAC, où elle se concentre sur l’adaptation aux changements climatiques et la finance durable. Elle est titulaire d’une maîtrise en pratiques de développement de l’Université de Waterloo.