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Assurance habitation

Assurer une propriété patrimoniale : huit éléments à connaître

6 avril, 2026 | Par Anne Marie Thomas, directrice, Relations avec les consommateurs et l’industrie, BAC
Vous construisez ou rénovez une habitation ce printemps? Vérifiez que votre couverture est adéquate Insights Article Image

Les maisons patrimoniales séduisent par leur cachet et leur histoire. Cela dit, leurs propriétaires savent qu’elles peuvent aussi entraîner des dépenses imprévues et leur lot de complications. Un bâtiment ancien demande des travaux réguliers, un entretien soutenu et une attention aux détails dont les propriétaires de constructions récentes n’ont généralement pas à se soucier.

L’assurance ne fait pas exception. Ce qui fait le caractère unique d’une propriété patrimoniale en complique aussi l’assurance. Cela la rend également souvent plus coûteuse à assurer. Les bâtiments anciens sont plus susceptibles de présenter des problèmes. Lorsqu’ils sont classés patrimoniaux, des règles plus strictes s’appliquent aussi pour les réparer ou les reconstruire.

Il est habituellement possible d’obtenir une couverture. En revanche, il faut prévoir plus de démarches. Vous devrez fournir davantage d’information, répondre à plusieurs questions et travailler de près avec votre courtier. Ce type d’assurance ne se contracte pas en quelques clics en ligne.

Voici huit éléments à connaître pour assurer une propriété patrimoniale. Ces points s’appliquent autant à une résidence qu’à un immeuble détenu à des fins commerciales :

1.      Comparez les options.

Communiquez avec plusieurs courtiers de votre région. Renseignez-vous sur leur expérience en matière de placement de bâtiments patrimoniaux. Informez-vous aussi sur les assureurs avec lesquels ils travaillent puisque tous les courtiers n’ont pas accès aux mêmes assureurs. Peu importe leur niveau d’expertise en bâtiments patrimoniaux ou anciens, vous devrez également faire une bonne part du travail. Il faudra notamment réunir les renseignements nécessaires. Consultez les deux points suivants pour en savoir plus.

2.      Documentez tout.

Pour une maison construite récemment, il y a généralement peu de surprises. Le type de câblage, la plomberie, le chauffage ou l’isolation sont généralement standard. Mais pour une maison construite il y a plus de cent ans? Là, c’est une tout autre histoire. Les matériaux, les techniques et les systèmes varient énormément. Par exemple, l’isolation peut être faite de sciure, de papier journal ou encore de laine animale. De plus, l’assureur ne saura pas d’emblée si les systèmes du bâtiment ont été modernisés, en tout ou en partie.

Vous devrez donc fournir beaucoup plus de renseignements qu’un acheteur de maison neuve. Votre courtier devrait être en mesure de vous guider, mais tous n’ont pas une expérience approfondie des bâtiments anciens. Soyez prêt à collaborer étroitement avec lui.

Utilisez ce prospectus sur le risque, élaboré par le BAC, afin de vous assurer de recueillir tous les renseignements essentiels.

3.      Allez faire un tour à l’hôtel de ville.

La réglementation entourant les bâtiments patrimoniaux est complexe.

Une partie relève de lois provinciales. Toutefois, de nombreux aspects sont déterminés à l’échelle municipale. Cela comprend notamment la désignation d’une propriété ou d’un quartier comme « patrimonial ». Les règles applicables en cas de reconstruction après un sinistre sont aussi fixées localement. Certaines municipalités se montrent plus exigeantes que d’autres quant au respect des matériaux et du style d’origine.

Communiquez avec votre municipalité. Procurez-vous les règlements applicables aux immeubles patrimoniaux. Assurez-vous ensuite que votre courtier les inclut, avec ce prospectus sur le risque, dans le dossier transmis aux assureurs.

4.      Réduisez les risques.

Prenez des mesures pour protéger votre propriété et limiter les risques de réclamation. Cela peut passer par la mise à niveau de certaines installations. Par exemple, remplacez le câblage désuet (notamment le câblage à boutons et à tubes), modernisez la plomberie (cuivre ou plastique) et revoyez le système de chauffage (air pulsé ou électrique). D’autres améliorations peuvent aussi être envisagées. Pensez à installer des détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone, un système de sécurité ou encore à remplacer une toiture vieillissante.

Pour obtenir d’autres conseils, consultez cet article et cette brochure.

5.      Dites toute la vérité à votre assureur.

Il arrive qu’on entende dire, dans certains reportages, qu’il est « impossible » d’assurer une maison patrimoniale. Dans les faits, la situation est souvent plus nuancée. Par exemple, un propriétaire peut exploiter une activité commerciale à domicile sans en avoir informé son assureur. Or, il s’agit d’un élément déterminant, puisqu’il modifie le profil de risque de la propriété.

Les assureurs savent évaluer le risque. Encore faut-il qu’ils aient le portrait complet. Et si un détail a été omis, qu’en est-il du reste?

Il est donc important de divulguer toute information pertinente. À défaut, vous vous exposez à une résiliation de votre couverture ou à un refus d’indemnisation si une situation non déclarée est découverte par la suite.

6.      Vivre au bord de l’eau, c’est magnifique… jusqu’à ce que l’eau s’invite chez vous.

On parle peu d’un autre facteur propre aux bâtiments patrimoniaux : leur emplacement. Bon nombre d’entre eux se trouvent près des rivières ou des lacs. À l’époque, ces emplacements étaient recherchés, puisque les échanges dépendaient largement des voies navigables. Les risques d’inondation étaient aussi moins bien compris, et généralement moins importants qu’aujourd’hui.

Si votre propriété est située près de l’eau et que vous avez du mal à l’assurer, ou à obtenir une couverture complète, ce n’est pas forcément lié à son âge ni à son statut patrimonial. L’emplacement pourrait bien être en cause.

7.      Ne vous attendez pas à régler la question une fois pour toutes.

Lorsqu’un assureur établit le coût de votre couverture, il tient compte des prix courants de la main-d’œuvre et des matériaux. Il doit estimer combien coûterait la reconstruction de votre propriété en cas de sinistre.

Or, ces coûts évoluent. Ils ont aussi tendance à augmenter plus rapidement pour les bâtiments anciens. Attendez-vous donc à ce que votre assureur réévalue votre propriété périodiquement, possiblement plus souvent que pour une construction récente.

Bien entendu, les améliorations que vous apportez à votre propriété entrent aussi en ligne de compte. Elles peuvent influencer le coût de votre assurance, parfois à la baisse. Si les travaux réduisent les risques (par exemple, un câblage modernisé), vos primes pourraient diminuer.

8.      Vous n’êtes pas seul.

Si ce n’est pas déjà fait, vous pourriez envisager d’adhérer à la Fiducie nationale du Canada, un organisme de bienfaisance qui se consacre à la préservation et à la mise en valeur des lieux patrimoniaux. Elle offre conseils et expertise aux propriétaires, en plus de proposer un programme d’assurance spécialisé pour les maisons patrimoniales. Pour en savoir plus :  Programme d’assurance de maison patrimoniale – Fiducie nationale du Canada.

En résumé :  Votre propriété patrimoniale possède un charme unique et une valeur historique réelle. En l’entretenant, vous contribuez à préserver une part du patrimoine canadien. Elle mérite donc qu’on y consacre les efforts nécessaires pour en assurer l’entretien. Il faut faire preuve de la même rigueur lorsqu’il s’agit de l’assurer.

Nous avons inclus des liens tout au long de cet article. Voici de nouveau les ressources essentielles :

À propos de l'auteur

Anne Marie Thomas possède plus de 25 ans d’expérience dans l’industrie de l’assurance. Elle a travaillé pour certaines des plus grandes compagnies d’assurances du Canada et a acquis une vaste expérience en souscription et en gestion dans les industries de l’assurance personnelle et commerciale. Elle a également été courtière en assurance personnelle et commerciale agréée. Anne Marie Thomas a de nombreuses années d’expérience en tant que porte-parole en matière d’assurance, que ce soit à la télévision, à la radio, dans la presse écrite ou sur les médias sociaux.

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