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Climat, Assurance habitation

Un Canada plus résilient : un investissement rentable à long terme

5 mars 2026 | Par Rachel Barry, directrice, Relations gouvernementales, gouvernement fédéral (intérim)
Building a more resilient Canada will pay long-term dividends

Un nouveau rapport de l’Institut climatique du Canada exhorte les gouvernements à investir davantage dans l’adaptation des infrastructures afin de limiter les coûts liés aux dommages.

Partout au Canada, les gouvernements intensifient les investissements en infrastructures afin de consolider la sécurité économique. Dans ce contexte, chaque dollar public doit être investi avec rigueur et produire des retombées concrètes.

Ces investissements majeurs doivent à la fois amortir l’instabilité persistante des échanges commerciaux mondiaux et mieux protéger la population contre la montée des phénomènes météorologiques extrêmes.

Un rapport indépendant de l’Institut climatique du Canada (ICC), intitulé « Prévenir ou réparer : La preuve qu’adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros » et réalisé en partie à la demande du Bureau d’assurance du Canada (BAC), brosse un portrait à l’échelle du pays. Il évalue l’effet des changements climatiques sur les coûts d’entretien, de modernisation et de remise en état des infrastructures publiques. Le constat est clair : agir tôt permet de limiter l’escalade des coûts.

D’après l’ICC, consacrer environ 4 milliards de dollars par année à des mesures d’adaptation préventives permettrait d’éviter la majorité des dommages attribuables aux vagues de chaleur et aux pluies plus abondantes. Les économies pour les contribuables seraient substantielles : entre 5 milliards et 10 milliards de dollars par année si des mesures efficaces sont adoptées.

À l’inverse, reporter les travaux d’adaptation fera grimper rapidement la facture. Plus les infrastructures tarderont à être adaptées au climat de demain, plus les coûts augmenteront. Investir dès maintenant dans la résilience permet de limiter les bris, de réduire les interruptions de service et de contenir les dépenses à long terme.

Pour accroître la résilience des infrastructures face aux bouleversements climatiques, l’ICC recommande aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, en plus d’accroître les investissements :

  • d’augmenter les fonds consacrés à l’adaptation des infrastructures et de moderniser les outils financiers offerts aux municipalités et aux autres propriétaires d’infrastructures, y compris les gouvernements autochtones, pour financer les travaux de renforcement de la résilience;

  • de planifier, d’exploiter, d’entretenir et de renouveler les infrastructures publiques en tenant compte des conditions climatiques futures, afin d’en assurer la sécurité et la fiabilité;

  • d’améliorer, à l’échelle du pays, les données et la cartographie des aléas climatiques pour appuyer des décisions cohérentes et fondées sur une évaluation rigoureuse des risques;

  • d’accélérer la révision des codes et des normes applicables pour que les nouvelles infrastructures, comme celles modernisées, soient conçues pour résister aux réalités climatiques à venir;

  • d’intégrer systématiquement l’analyse des risques climatiques à toute décision d’investissement public en infrastructures, et d’outiller les décideurs pour réduire la vulnérabilité à long terme;

  • d’adapter les programmes afin de mieux soutenir les collectivités les plus vulnérables ainsi que les infrastructures essentielles.

Le BAC appuie fermement le rapport de l’ICC et ses recommandations. Il estime que les investissements en infrastructures doivent prioritairement viser la résilience, afin d’aider les collectivités à mieux faire face aux risques climatiques. Selon le BAC, le Canada a le potentiel de s’imposer comme un chef de file mondial en matière de résilience face aux catastrophes.

Des intempéries aux répercussions financières croissantes

Au Canada, les phénomènes météorologiques violents engendrent des pertes de plus en plus lourdes. Au cours de la dernière décennie, les montants versés par les assureurs ont connu une progression marquée. Entre 2006 et 2015, les pertes annuelles assurées au Canada dues à des phénomènes météorologiques violents et à des feux de forêt s’élevaient à 14 milliards de dollars, après ajustement pour tenir compte de l’inflation. Entre 2016 et 2025, ces mêmes pertes s’élevaient à 37 milliards de dollars, soit près du triple par rapport à la décennie précédente. Le nombre moyen de réclamations a lui aussi presque doublé durant la même période.

Cette augmentation soutenue exerce une pression considérable sur les assurés : l’assurance habitation devient plus coûteuse et parfois plus difficile à obtenir. Les municipalités subissent également les contrecoups de cette situation, les sinistres liés aux intempéries se traduisant par une hausse de leurs coûts d’assurance.

Dans ce contexte, l’industrie canadienne de l’assurance de dommages préconise depuis longtemps des investissements accrus et ciblés en infrastructures. L’objectif est de mieux protéger les collectivités et de préserver l’accessibilité et l’abordabilité de l’assurance.

En 2025, le BAC a formulé six recommandations visant à favoriser la construction de logements résilients aux changements climatiques et de collectivités plus sûres. L’organisme a ensuite présenté son plan en trois points de renforcement de la résilience climatique, une stratégie globale destinée à protéger les collectivités vulnérables, à assurer la pérennité du marché de l’assurance habitation et à atténuer les répercussions financières et humaines des catastrophes naturelles.

Dans le cadre de ses interventions continues auprès des pouvoirs publics, le BAC plaide également pour un engagement soutenu du gouvernement fédéral envers des programmes comme le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes. De telles initiatives renforcent la résilience des collectivités et génèrent des retombées économiques importantes à l’échelle du pays. Chaque dollar investi en adaptation climatique peut produire de 13 $ à 15 $ en bénéfices.

Les signaux d’alarme sont sans équivoque : multiplication des tempêtes, ampleur des destructions, menaces croissantes pour les personnes et les biens. Le BAC souhaite que les gouvernements en prennent pleinement la mesure, donnent suite aux recommandations formulées et consentent les investissements nécessaires en infrastructures. Ainsi, le Canada pourra accroître sa résilience au bénéfice durable des collectivités.

À propos de l'auteur

Rachel Barry est une conseillère en stratégies de relations gouvernementales à Ottawa. Elle est directrice principale des Relations avec le gouvernement fédéral au Bureau d’assurance du Canada où elle dirige l’engagement stratégique avec le gouvernement fédéral tout en mettant l’accent sur la résilience au changement climatique au Canada. Mme Barry possède une vaste expérience des relations gouvernementales et de gestion des intervenants, ayant travaillé auprès d’associations dans des secteurs variés, y compris des institutions financières, l’électricité et des associations à but non lucratif. Elle possède une maîtrise en affaires publiques de l’université Carleton et un baccalauréat ès arts spécialisé en histoire et en droits de la personne de l’université St. Thomas.