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Industrie de l’assurance

Six façons dont le Canada peut construire des logements résilients aux changements climatiques et des collectivités plus sûres

19 janvier 2026 | Par Liam McGuinty, vice-président, Affaires fédérales, BAC
Six ways that Canada can build climate-resilient homes and safer communities

L’abordabilité du logement est essentielle, mais le logement le plus coûteux, c’est celui qu’il faut reconstruire.

Le gouvernement fédéral du Canada a reconnu que le coût de la vie exerce une pression financière sur les familles partout au pays et s’est engagé à atténuer cette pression en augmentant l’offre de logements. Bien que cette nouvelle soit accueillie favorablement par de nombreuses personnes à la recherche d’un logement abordable, si les nouvelles habitations ne sont pas construites adéquatement et aux bons endroits, le Canada pourrait se diriger vers des crises tant sur le plan de l’abordabilité que de l’assurabilité.

Une nouvelle maison dans une plaine inondable n’est pas abordable si les primes d’assurance explosent ou si elle est emportée par une crue printanière.

Une location subventionnée dans une zone propice aux feux de forêt n’est pas abordable si les familles sont forcées d’évacuer chaque année et qu’elles perdent leur logement et leurs possessions lors d’un brasier estival.

La fréquence et la gravité accrues des catastrophes naturelles partout au Canada deviennent la nouvelle réalité. Le seul moyen d’offrir des logements vraiment abordables, c’est de les construire en faisant de la résilience climatique une priorité absolue.

Les pertes assurées suivent une tendance haussière depuis des décennies. Sans une planification adéquate, le Canada pourrait construire 540 000 nouveaux logements dans des zones présentant un risque très élevé d’inondation, et 220 000 nouveaux logements dans des municipalités exposées à un grand danger de feux de forêt. Construire des logements dans de telles zones pourrait mettre les familles qui y vivent en danger. Pour être un pays vraiment résilient, nous devons faire mieux.

Voici six façons de construire des logements abordables résilients aux risques climatiques au Canada :

1. S’assurer que les nouveaux logements ne sont pas construits dans des zones à haut risque

L’Institut climatique du Canada estime que la réorientation de seulement 3 % des logements dont la construction est prévue d’ici 2030, soit environ 150 000 unités, hors des zones à haut risque d’inondation vers des terrains plus sûrs, permettrait de réduire de près de 80 % le risque d’inondation auquel sont exposés les nouveaux logements au Canada. Le financement fédéral des programmes de logement et d’infrastructures devrait être assorti de conditions garantissant que le développement s’effectue exclusivement dans des zones à faible risque.

2. Améliorer la capacité des logements existants à résister aux phénomènes météorologiques violents

Des programmes de remise incitative permettent aux propriétaires de rénover leur logement pour qu’il résiste mieux aux phénomènes météorologiques violents. Par exemple, le Resilient Roofing Rebate Program de la ville de Calgary a déjà offert des subventions pour aider les propriétaires à couvrir les coûts liés à l’installation d’une toiture résistante à la grêle.

3. Mettre à jour les codes du bâtiment

Grâce à des codes du bâtiment intégrant des exigences en matière de résilience, les nouveaux logements seraient construits de manière plus responsable, en fonction des risques connus propres à chaque endroit. Par exemple, les codes du bâtiment de l’Alberta pourraient mieux tenir compte du risque de grêle, tandis que ceux de la Nouvelle-Écosse pourraient donner plus de précisions sur les risques d’ouragan.

4. Favoriser la résilience à l’échelle des collectivités

Pour assurer la sécurité des logements et des résidents, les infrastructures publiques doivent elles aussi être capables de résister aux phénomènes météorologiques extrêmes. Ce sont les municipalités qui possèdent et entretiennent la plupart des infrastructures du pays, mais elles peinent de plus en plus à suivre le rythme de la croissance rapide et de l’urbanisation, le financement à leur disposition étant limité. On estime à 270 milliards de dollars le déficit national associé aux infrastructures, et des fonds supplémentaires sont requis pour s’adapter aux changements climatiques. Les gouvernements devraient offrir aux municipalités du financement et du soutien pour l’adaptation des infrastructures et l’atténuation des catastrophes.

5. Améliorer la cartographie des risques et les stratégies de détection précoce

Les Canadiens peuvent mieux se protéger, et mieux protéger leurs biens, s’ils connaissent les risques auxquels leurs logements et collectivités sont exposés. Les gouvernements devraient élaborer et mettre à la disposition des propriétaires des cartes détaillées des risques climatiques (comme le font déjà certaines provinces), ainsi que des processus et des technologies de détection précoce, afin d’aider les Canadiens à mieux comprendre les risques auxquels ils s’exposent. Le gouvernement fédéral devrait rendre public son portail sur les inondations, attendu depuis longtemps, et ce, dès que possible, puis l’élargir à d’autres risques, comme les feux de forêt.

6. Favoriser un rétablissement plus rapide après une catastrophe

Lorsqu’une catastrophe survient, les résidents sont souvent forcés de quitter leur logement, ce qui perturbe leur vie familiale et professionnelle. Dans certains cas, le retour à la normale est d’une longueur insoutenable, comme lors du rétablissement après les feux de forêt à Jasper, en Alberta et à Lytton, en Colombie-Britannique. Malgré les efforts soutenus des assureurs pour régler les réclamations rapidement, les retards ont laissé ces collectivités dans l’incertitude pendant des années, aggravant ainsi les répercussions émotionnelles et économiques de la catastrophe initiale. Ces événements illustrent la nécessité d’un processus de rétablissement plus coordonné et plus efficace.

Des millions de nouveaux logements doivent être construits au pays, et ils doivent être bâtis pour durer. Si le Canada aborde cette initiative de façon judicieuse, le pays pourra établir une norme mondiale en matière de logements résilients aux changements climatiques. Une telle démarche aidera à protéger les familles contre de futures catastrophes, à éviter des milliards de dollars en dommages potentiels et en coûts d’assurance, et à créer des collectivités plus sûres et plus résilientes pour les décennies à venir.

Chaque logement que nous bâtissons nous aide à façonner l’avenir. Construisons sagement.

À propos de l'auteur

À titre de vice-président aux affaires fédérales, M. McGuinty dirige l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies du BAC en matière de lobbying auprès des instances fédérales, en collaboration avec les membres du BAC. Avant cela, il a occupé le poste de vice-président à la stratégie, où il a établi les priorités de défense des intérêts à l’échelle pancanadienne, tout en étant chargé de la planification d’entreprise du BAC. Avant de se joindre au BAC, il a occupé des postes supérieurs chez Deloitte et au sein de la Chambre de commerce de l’Ontario. M. McGuinty est titulaire d’un baccalauréat ès arts de l’Univesité Carleton et d’une maîtrise en politique publique de l’Université de Toronto.