
Les assureurs canadiens renouvellent leur appel aux gouvernements pour qu’ils prennent des mesures urgentes afin de réduire les risques d’inondation et de protéger les collectivités
Les violents orages qui ont balayé le Manitoba et la Saskatchewan les 9 et 10 juin ont causé plus de 728 millions de dollars de dommages assurés, selon les premières estimations de Catastrophe Indices and Quantification Inc. (CatIQ). Des localités des deux provinces ont été frappées par des tornades, de la grêle, des vents violents, des pluies torrentielles et des crues soudaines ayant été causés par ces tempêtes. Par ailleurs, les inondations survenues les 20 et 21 juin à Montréal et dans les municipalités avoisinantes ont entraîné plus de 409 millions de dollars de dommages assurés.
Ces sinistres surviennent tout juste avant le deuxième anniversaire des crues soudaines survenues en juillet 2024 à Toronto et dans le sud de l’Ontario, dont le montant des dommages assurés est désormais estimé à plus de 909 millions de dollars, selon les estimations actualisées de CatIQ. Les inondations de Toronto font partie des nombreux événements catastrophiques ayant contribué au montant record de pertes assurées de 8 milliards de dollars au cours de l’été des catastrophes de 2024, la saison la plus coûteuse de l’histoire du Canada sur le plan des pertes liées aux phénomènes météorologiques extrêmes.
« Ensemble, ces événements mettent en évidence l’augmentation des coûts financiers et humains des inondations à l’échelle du Canada. Les inondations causent davantage de dégâts, touchent un plus grand nombre de Canadiens et exercent une pression croissante tant sur les ménages et les collectivités que sur les assureurs et les gouvernements », a déclaré Liam McGuinty, vice-président aux affaires fédérales, Bureau d’assurance du Canada (BAC). « Ces catastrophes récentes et passées nous rappellent que le risque d’inondation n’est plus une menace lointaine, mais bien une réalité actuelle qui touche la population canadienne d’un océan à l’autre. »
À Ottawa, les résidents ne se sont pas encore remis de la violente tempête survenue le jour de la fête du Canada, qui a provoqué de vastes inondations, endommagé des habitations, forcé des évacuations et entraîné des fermetures de routes. Des représentants du BAC se sont donc rendus sur place pour offrir des conseils en matière d’assurance. Le BAC a également mis en place son Unité mobile d’aide à la communauté (UMAC), offrant aux résidents touchés un soutien individuel en temps réel.
Selon CatIQ, les pertes assurées attribuables aux inondations et aux dégâts d’eau ont grimpé de plus de 300 % au cours des 20 dernières années comparativement aux deux décennies précédentes. Ces dernières années, les inondations et les événements liés à l’eau ont représenté 39 % des pertes assurées à la suite de catastrophes. Depuis 2009, les assureurs ont versé en moyenne plus de 2 milliards de dollars par année au titre des sinistres liés à des catastrophes météorologiques. Les assureurs ont dû faire face à des pertes assurées record ces dernières années, notamment 2,4 milliards de dollars en 2025 et 9,4 milliards de dollars en 2024.
Le BAC demande la prise de mesures urgentes pour réduire le risque d’inondation
Afin de réduire de manière significative les pertes liées aux inondations et de contribuer à maintenir des primes d’assurance abordables, le BAC demande aux gouvernements d’accélérer la prise de mesures dans plusieurs secteurs clés, notamment :
Construire de nouvelles habitations hors des zones fortement exposées aux inondations en resserrant les règles d’aménagement du territoire et en freinant le développement dans les secteurs les plus à risque.
Si la construction dans des zones exposées aux inondations est inévitable, exiger des mesures d’atténuation rentables et bénéfiques pour la collectivité, comme des infrastructures de protection contre les inondations et des solutions naturelles.
Moderniser les réseaux d’eaux usées et d’évacuation des eaux pluviales afin d’aider les municipalités à mieux composer avec des pluies plus abondantes et plus fréquentes.
Bonifier les programmes de rénovation résidentielle afin d’encourager les propriétaires à adopter des mesures simples et abordables pour limiter les dégâts causés par les inondations et réduire les coûts de rétablissement.
Mieux informer les Canadiens sur les risques auxquels ils sont exposés grâce à des outils d’information accessibles au public, notamment par la participation des provinces au nouvel outil fédéral de cartographie des risques d’inondation.
Renforcer les codes du bâtiment et les normes de construction pour que les nouvelles habitations soient plus résilientes, en fonction des réalités climatiques d’aujourd’hui et de demain.
Sensibiliser les consommateurs en leur offrant une information claire et facile à comprendre afin d’aider les propriétaires, les locataires et les entreprises à prendre des décisions éclairées et à réduire concrètement leurs risques.
« Les inondations constituent le risque climatique le plus coûteux et le plus perturbant au Canada. Au cours de la dernière décennie, les assureurs ont grandement élargi l’offre d’assurance contre les inondations de surface et continuent d’aider les propriétaires à se remettre sur pied et à reconstruire après une catastrophe. Mais l’assurance à elle seule ne peut pas résoudre le problème des inondations au Canada. Nous avons besoin que tous les paliers de gouvernement accélèrent les investissements dans les mesures d’adaptation et dans la réduction des risques d’inondation afin de mieux protéger la population canadienne et de bâtir des collectivités plus résilientes », a ajouté M. McGuinty.

