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Assurance entreprise

La planification d’urgence, moteur de la solidité de l’entreprise

28 mai 2026 | Par Cecilia Omole, directrice, Assurance entreprise, BAC
Contingency planning fuels business strength

L’instabilité actuelle expose les entreprises à des risques croissants : tensions géopolitiques, perturbations du commerce et de la chaîne d’approvisionnement, évolution rapide des technologies et phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes. Ces pressions peuvent perturber les activités essentielles et constituer une menace pour la stabilité financière. Un excellent plan de continuité des activités (PCA) s’avère donc, plus que jamais, indispensable.

Dans un plan de continuité des activités, l’entreprise définit les mesures qu’elle mettra en œuvre pour maintenir ses activités essentielles en cas de perturbations soudaines en cernant les principaux risques et en préservant les fonctions essentielles. Cette approche proactive renforce la résilience, réduit les temps d’arrêt et favorise une reprise plus rapide. La planification de la continuité des activités est souvent associée à une couverture d’assurance afin de garantir aux entreprises une préparation financière en cas de perturbations.

Se prémunir contre la sous-assurance

Lorsqu’une entreprise n’est pas suffisamment assurée, le moindre incident peut mettre en péril sa survie. La sous-assurance a été qualifiée de « tueur silencieux », en particulier en période d’incertitude économique. Par exemple, dans un contexte de forte volatilité des droits de douane et de renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, une entreprise qui importe des marchandises en provenance des États-Unis pourrait avoir besoin d’une couverture nettement plus élevée pour faire face à la hausse des droits de douane. Les limites d’assurance qui semblaient autrefois suffisantes pourraient ne plus correspondre aux risques actuels.

Une étude réalisée en 2025 par TD Assurance a révélé que, bien que près de 94 % des propriétaires de petites entreprises soient assurés, seuls 52 % d’entre eux feraient appel à leur assurance en cas d’urgence. Nombre de PME hésitent à faire une déclaration de sinistre, craignant que cela n’entraîne une augmentation de leurs primes lors du renouvellement. Une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante corrobore cette conclusion : 82 % des entreprises invoquent la hausse des primes comme principale raison pour laquelle elles évitent de déclarer des sinistres liés à des problèmes de sécurité publique.

Mais ne pas faire appel à son assurance peut toutefois s’avérer risqué. Le recours à des lignes de crédit ou à des prêts pour financer des dépenses imprévues peut fragiliser la situation financière d’une entreprise et accroître sa vulnérabilité à long terme. La sous-assurance peut également déclencher l’application de clauses de coassurance, ce qui signifie qu’une entreprise risque de ne pas recevoir une indemnisation intégrale correspondant à la valeur de remplacement du bien.

Le fait de disposer d’une couverture d’assurance adéquate aide les entreprises à mieux gérer les chocs de liquidité et les pertes financières après une catastrophe. Pour éviter d’être sous-assurées, les entreprises devraient :

  • comprendre leur couverture actuelle, notamment ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas.

  • réévaluer régulièrement leurs polices, en particulier lorsque les activités augmentent, changent de site ou encourent de nouveaux risques.

  • communiquer les mises à jour à leur représentant d’assurance afin que la couverture soit adaptée aux activités et aux risques encourus actuels.

  • rechercher des renseignements généraux auprès de sources fiables , telles que le Centre d’information sur les entreprises du BAC.

Préparer votre entreprise aux aléas du climat

Compte tenu de la fréquence et de la gravité croissantes des phénomènes météorologiques extrêmes au Canada, la planification de la continuité des activités gagne, plus que jamais, en importance. Un rapport récent de Swiss Re estime que les pertes économiques mondiales liées aux catastrophes naturelles ont atteint environ 107 milliards de dollars américains (environ 150 milliards de dollars canadiens) en 2025.

Au Canada, les pertes assurées liées aux catastrophes naturelles en 2025 sont estimées à 2,4 milliards de dollars. Ce chiffre s’inscrit dans la continuité de l’année 2024, qui a battu tous les records avec des pertes liées aux phénomènes météorologiques extrêmes s’élevant à 9,4 milliards de dollars, soit le montant le plus élevé jamais enregistré. Au cours de la dernière décennie, plus de 87 000 entreprises canadiennes ont subi des pertes financières en raison de phénomènes météorologiques extrêmes et de catastrophes naturelles.

Au-delà de la planification traditionnelle de la continuité des activités, les chefs d’entreprise devraient réfléchir à la manière de mettre leur entreprise à l’abri des aléas du climat. L’assurance paramétrique peut être une option complémentaire aux polices standard. Contrairement à l’assurance traditionnelle, la couverture paramétrique donne lieu à un versement dès qu’un seuil prédéfini — tel que la vitesse du vent ou les précipitations — est atteint, et non après l’évaluation des dommages. Cette approche permet d’accéder plus rapidement aux fonds et s’avère particulièrement utile pour les secteurs dépendants des conditions météorologiques, comme l’agriculture et la construction.

Il est également essentiel de disposer d’évaluations précises du coût de remplacement (CR) pour éviter toute sous-assurance. L’estimation du CR tient compte de facteurs tels que les coûts des matériaux et de la main-d’œuvre, l’enlèvement des débris, la mise en conformité avec les normes de construction et les exigences en matière de patrimoine. Réalisée par un expert professionnel, cette évaluation ponctuelle reflète les coûts de reconstruction actuels et permet de s’assurer que les montants assurés correspondent bien aux dépenses réelles.

Le rôle de l’assurance contre les pertes d’exploitation

L’assurance contre les pertes d’exploitation est un outil essentiel pour les entreprises frappées par des sinistres couverts par leur assurance, notamment ceux provoqués par des phénomènes météorologiques extrêmes. Cette couverture peut dédommager une entreprise pour la perte de revenus subie lors d’un arrêt temporaire de ses activités et peut également couvrir les frais courants.

Par exemple, si un garage automobile ferme ses portes à la suite d’un incendie, l’assurance contre les pertes d’exploitation peut compenser le manque à gagner qui aurait été généré pendant la période de fermeture.

L’assurance contre les pertes d’exploitation est généralement une option complémentaire à l’assurance des biens professionnels et se décline sous plusieurs formes :

  • Les assurances des pertes de bénéfices bruts, qui couvrent la baisse des revenus bruts (chiffre d’affaires moins les dépenses non récurrentes) pendant la période de rétablissement.

  • Les assurances des pertes de bénéfices, qui maintiennent les paiements jusqu’à ce que l’entreprise retrouve son niveau d’activité d’avant le sinistre.

  • Les assurances des frais supplémentaires, qui couvrent les coûts supplémentaires engagés pour maintenir l’activité, comme un déménagement temporaire.

Il est important de tenir compte du temps nécessaire pour reconstruire ou réparer les biens endommagés. Dans l’industrie, les délais de règlement des sinistres avec perte totale varient souvent entre 20 et 36 mois, d’où la nécessité de disposer de limites de couverture suffisantes et planifier la reprise de manière réaliste.

Le secteur des petites entreprises au Canada joue un rôle essentiel dans l’économie, et les propriétaires doivent pouvoir se lancer sereinement dans l’innovation et la croissance, forts du soutien que leur apportent des produits d’assurance adaptés.

Cet article a été rédigé avec le soutien de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

À propos de l'auteur

Cecilia Omole est directrice de l’assurance entreprise au sein du service de développement des politiques du BAC. Dans ce rôle, elle dirige les travaux du BAC sur les politiques publiques en collaboration avec l’industrie de l’assurance, afin de trouver des solutions aux problèmes des clients commerciaux, des propriétaires d’entreprises, des groupes de parties prenantes, ainsi qu’aux préoccupations soulevées par les gouvernements et les organismes de réglementation. Cecilia Omole est titulaire d’une maîtrise en affaires publiques et internationales de l’Université York et détient le titre de gestionnaire des risques canadiens (CRM) du Global Risk Management Institute.

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